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Corrèze en plein coeur

Château de Blanchefort


19700 - Lagraulière



    

    Outre le château, la protection au titre des paysages concerne également ses abords comprenant étang, vestiges des fortifications médiévales, parc, allées plantées et quelques terres environnantes. Le château et son parc sont des propriétés privées et ne se visitent pas.

  Édifié sur la base d'une forteresse médiévale du XIIe siècle qui comportait quatre niveaux, le château de Blanchefort présente de nos jours un plan rectangulaire avec un corps de logis central à deux étages, flanqué de deux tours rondes couvertes d'une toiture en poivrière et disposées en avancée du côté de la façade principale, à l'ouest, remaniée au XVIIe siècle.

   

  En 1680, un acte dressant un état des lieux précise que le château présentait déjà sa composition actuelle. Il mentionne également la tour défensive dont la base apparaît encore dans le virage du «grand chemin», des dépendances - écuries, four, étable à cochons -, une basse-cour et un grand jardin de forme triangulaire. Il existait aussi un pont-levis qui enjambait un fossé sur les faces nord et est de la fortification avant de déboucher sous un porche à un étage. À cette époque, la seigneurie de Blanchefort englobait de nombreux villages alentour et plus particulièrement la forêt éponyme (site inscrit en 1986). Malgré une superficie modeste, elle avait une grande importance car elle contrôlait, par droit de péage au lieu-dit Bariolet, le passage des voyageurs sur deux liaisons majeures : le «grand chemin » déjà évoqué précédemment et l'axe Pans-Toulouse.

  Depuis les rives de l'étang, la façade nord-ouest du château prolonge un talus couvert de végétation. L'ancienne fortification, au caractère imposant, surplombe ainsi toute la vallée du ruisseau de Blanchefort. La route d'Uzerche, au nord, laisse entrevoir un château émergeant au-dessus d'une végétation abondante. L'édifice apparaît de manière plus solitaire parmi les grands arbres du parc et en toile de fond de l'épais cordon de saules et d'aulnes qui accompagne le cours d'eau.

  Les abords du château conservent quelques traces de fortifications: notamment une tour ronde d'angle, une partie du mur d'enceinte ainsi que l'étang, beaucoup plus étendu sur le cadastre napoléonien, élément majeur du système défensif. L'entrée principale est constituée d'un élégant portail en fer forgé encadré par deux piliers en pierre, eux-mêmes entourés de vieux charmes. De là, une vaste pelouse ponctuée de quelques grands arbres précède le château. Un parc agrémente aujourd'hui le cœur de l'ancien domaine. Il est traversé par une longue allée légèrement incurvée qui mène à la cour d'honneur. D'une topographie peu mouvementée, il possède quelques très grands arbres sans doute plantés lors de la restauration du XIXe siècle: charmilles en allée, en limite sud et est, et platanes dont une importante ligne accompagnait vraisemblablement une longue allée droite visible sur le cadastre ancien. Le cadastre actuel montre également une allée, bordée de platanes, menant aux vestiges de la tour, dont la partie supérieure a probablement été transformée en belvédère au-dessus du vallon, ainsi qu'une autre allée courbe au sud de l'allée principale. Sur les vestiges de l'ancienne tour trône un tilleul vénérable d'environ six mètres de circonférence.

  Les évolutions récentes ont parfois desservi la qualité paysagère du site: si les dépendances ont été converties en habitations de bel aspect, probablement lors du changement de propriétaire en 1965, les bâtiments situés au lieu dit France, en partie inclus dans le périmètre protégé, présentent un état de délabrement avancé qui dévalorise les lieux. L'étang semble peu entretenu, ce qui participe néanmoins à l'atmosphère romantique de cette partie du site.

  Le périmètre du site ne comprend pas les bâtiments situés à proximité de la chaussée de l'étang, offrant un point de vue majeur sur le château. Une légère extension permettrait de mieux maîtriser l'espace accessible au public autour de l'édifice. Le périmètre exclut également les prés à l'angle des routes de France et d'Uzerche. Là aussi, il serait plus cohérent d'étendre la protection sur cet espace de premier plan.

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  Très prochainement, ici, la liste des lieux à visiter dans le détail.